Comment votre ADN influence la faim et le poids
Deux personnes mangent la même chose ; l’une est rassasiée, tandis que l’autre pense de nouveau à manger deux heures plus tard. Ce n’est pas une question de volonté, mais un phénomène qui repose sur une base biologique à laquelle vos gènes participent également.
Votre ADN influence surtout la faim et le poids par l’intermédiaire du système de satiété dans le cerveau : les variants génétiques modifient l’intensité avec laquelle les signaux de satiété, comme la leptine et le GLP-1, sont perçus, l’efficacité de la ghréline et la sensibilité de l’hypothalamus. Le variant le plus connu, FTO, agit presque uniquement sur l’appétit ; son effet est faible : environ un à un kilo et demi par allèle de risque.
Cet article explique le système faim-satiété et les différents variants génétiques, puis présente honnêtement ce qu’une analyse ADN peut faire et ce qu’elle ne peut absolument pas faire.
Ce que cet article vous réserve
Dans quelle mesure le poids corporel est-il héréditaire ?
Comment ton corps régule-t-il la faim et la satiété ?
Quelles variantes génétiques ont réellement été étudiées ?
Monogénique ou polygénique : quelles formes existe-t-il ?
Quelle est la contribution de l’épigénétique ?
Pourquoi « prédisposé génétiquement » ne signifie pas « immuable »
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie au quotidien ?
Découvrez vos prédispositions avec mybody®
Mise en contexte : ce qu’un test ADN peut faire — et ce qu’il ne peut pas faire
Conclusion
Questions fréquentes (FAQ)
Sources
Cet aperçu présente les variants génétiques les plus étudiés en lien avec la faim et le poids. Tous les effets sont des moyennes issues d’études sur des populations et ne constituent pas des prédictions individuelles :
| Variant génétique | Ce que cela influence | Niveau de preuve | Ce que cela signifie concrètement |
|---|---|---|---|
| FTO | Appétit, sensation de satiété, taille des portions | Très bon niveau de preuve – le variant fréquent le mieux répliqué | Agir activement sur la satiété ; l’activité physique atténue mesurablement l’effet |
| MC4R | Signal de satiété dans l’hypothalamus | Bon niveau de preuve – effet faible pour les variants fréquents, important pour les mutations rares | En cas d’obésité sévère apparaissant très précocement, faire évaluer la situation par un médecin |
| LEP / LEPR | La leptine et son récepteur – signal central de satiété | Très bien établi pour les mutations rares, faible pour les variants fréquents | Peu pertinent pour la population générale |
| TAS2R38 | Perception des substances amères | Utile pour le goût, faible lien avec le poids | Explique plutôt l’aversion pour les choux que le poids |
| AMY1 | Nombre de copies du gène de l’amylase salivaire, digestion de l’amidon | Controversé – les premières observations n’ont été que partiellement confirmées | Aucune raison d’éviter systématiquement l’amidon |
| PPARG | Formation des cellules adipeuses et sensibilité à l’insuline | Bien étudié, effet faible sur le poids | Plus pertinent pour le métabolisme du sucre que pour le poids |
| APOA2 | Interaction possible avec les graisses saturées | Limité – indications issues d’études de cohortes, sans preuves d’intervention | Une bonne qualité des graisses est de toute façon bénéfique pour tout le monde |
La faim apparaît en quatre étapes successives, et les variants génétiques interviennent à chacune d’elles :
Le corps se manifeste
L’estomac et le tissu adipeux envoient des hormones : la ghréline signale la faim, la leptine des réserves pleines.
L’hypothalamus reste à l’écoute
Une petite zone du diencéphale analyse les signaux et décide de l’appétit.
Ajuster les variants génétiques
Des variants comme FTO ou MC4R modifient la sensibilité du système, généralement légèrement.
Vie quotidienne et environnement
Le sommeil, le stress, l’activité physique et l’offre alimentaire déterminent l’intensité avec laquelle une prédisposition s’exprime.
La réponse courte : comment ton ADN influence la faim et le poids
Ton ADN influence principalement ton poids par l’intermédiaire de l’appétit, et non de la dépense calorique : les variants génétiques modifient la netteté avec laquelle ton cerveau perçoit la satiété, la vitesse à laquelle la faim revient et l’attrait exercé par les aliments à forte densité énergétique.
La deuxième voie d’action concerne la régulation des réserves énergétiques : le tissu adipeux indique, par l’intermédiaire de la leptine, à quel point les réserves sont remplies. La sensibilité à ce signal est en partie déterminée par des facteurs génétiques.
À retenir : les gènes expliquent pourquoi perdre du poids demande davantage d’efforts à certaines personnes — ils ne constituent ni une excuse ni une condamnation. L’effet de chaque variant est faible ; la somme du comportement et de l’environnement constitue le levier le plus important.
L’ordre de grandeur est déterminant. Selon Locke et al. (Nature, 2015), les 97 locus génétiques de l’IMC connus à l’époque n’expliquaient ensemble qu’environ 2,7 % des différences d’indice de masse corporelle — l’étude portant sur jusqu’à 339 224 personnes. Dans le même article, l’ensemble des variants génétiques fréquents expliquait plus de 20 % de la variation de l’IMC.
Dans quelle mesure le poids corporel est-il héréditaire ?
Les études portant sur des jumeaux, des familles et des enfants adoptés estiment l’héritabilité de l’indice de masse corporelle entre 40 et 70 % — un chiffre élevé qui est souvent mal compris.
L’héritabilité est une notion qui s’applique à un groupe, et non à une personne : elle décrit la part des différences entre les individus attribuable aux différences génétiques — elle ne signifie pas que 60 % de ton poids est déterminé génétiquement.
Pourquoi la prévalence de l’obésité a malgré tout fortement augmenté
Le génome humain n’a pratiquement pas changé en quelques décennies, contrairement au poids corporel de la population. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 2,5 milliards d’adultes étaient en surpoids dans le monde en 2022, dont plus de 890 millions souffraient d’obésité — en 1990, la proportion d’adultes en surpoids était encore de 25 %, contre 43 % en 2022.
Sur le plan scientifique, on parle d’une génétique confrontée à un environnement transformé : les prédispositions déterminent la sensibilité d’une personne aux aliments à forte densité énergétique et au manque d’activité physique, tandis que l’environnement détermine si cette sensibilité se manifeste.
Comment ton corps régule-t-il la faim et la satiété ?
Une boucle de régulation réunit dans le cerveau les signaux provenant de l’estomac, de l’intestin et du tissu adipeux. Elle fonctionne inconsciemment : c’est pourquoi on ne peut que partiellement contrer l’appétit par la seule volonté. Quatre messagers et un centre de commande y jouent un rôle particulièrement important.
Leptine : le signal de satiété issu du tissu adipeux
La leptine est produite par les cellules adipeuses et signale au cerveau le niveau de remplissage des réserves énergétiques. Plus le tissu adipeux est abondant, plus la leptine circule — le signal signifie, en termes simples : « Il y a suffisamment d’énergie. »
En cas d’obésité marquée, le taux de leptine est donc généralement élevé, mais le cerveau y réagit moins fortement ; les spécialistes parlent de résistance à la leptine. La leptine comme médicament n’est donc utile qu’aux rares personnes qui en sont dépourvues.
Ghréline : l’hormone de la faim produite par l’estomac
La ghréline est principalement produite par la muqueuse de l’estomac et constitue la seule hormone connue qui stimule directement l’appétit dans le cerveau. Son taux augmente avant les repas habituels et diminue après avoir mangé.
GLP-1 et insuline : les messagers de la satiété venus de l’intestin
Le GLP-1 (peptide 1 apparenté au glucagon) est sécrété par l’intestin grêle dès que des nutriments y arrivent. Il ralentit la vidange gastrique, renforce la réponse insulinique et signale au cerveau la satiété. C’est sur ce mécanisme qu’agissent les médicaments actuels à base de GLP-1 — ce qui montre l’efficacité de cette voie de signalisation.
L’hypothalamus : le centre de commande du diencéphale
L’hypothalamus est une région de la taille d’une amande située dans le diencéphale, où convergent tous ces signaux. C’est là que se trouve la voie de signalisation de la mélanocortine, avec le récepteur MC4R — l’étape finale où les signaux hormonaux se transforment en sensation de satiété.
L’emplacement des loci génétiques connus liés à l’obésité est frappant : ils se trouvent majoritairement dans des gènes actifs dans le système nerveux central, et non dans le tissu adipeux. Ce constat, souligné par Locke et al. (Nature, 2015), est l’indice le plus solide que la composante génétique du poids concerne surtout la régulation de l’appétit.
Message essentiel : La plupart des loci génétiques connus liés au poids se trouvent dans des gènes actifs dans le cerveau, et non dans le tissu adipeux. La prédisposition génétique agit donc principalement par la faim et la satiété, et non par un « métabolisme plus lent ».
Quelles variantes génétiques ont réellement été étudiées ?
Seule une poignée de variantes génétiques est réellement bien étayée en ce qui concerne la faim et le poids. Beaucoup d’autres variantes mentionnées dans les guides reposent sur de petites études qui n’ont pas pu être confirmées par la suite.
FTO : la variante de l’appétit la mieux étayée
FTO est la variante génétique fréquente liée au poids la plus étudiée, découverte en 2007 et confirmée depuis dans de nombreuses populations.
Selon Frayling et al. (Science, 2007), les adultes possédant deux copies de la variante à risque de FTO pesaient en moyenne environ 3 kilogrammes de plus que les personnes ne possédant pas cette variante ; leur risque d’obésité était multiplié par 1,67. Environ 16 % des adultes étudiés possédaient deux copies.
Le mécanisme d’action est déterminant : FTO influence l’appétit et la sensation de satiété, et non le métabolisme de base. Dans les études sur les comportements alimentaires, les porteuses et porteurs de cette variante ont fait état d’une moindre sensation de satiété et choisi de plus grandes portions. Il n’est pas question d’un « métabolisme plus lent ».
MC4R : l’interrupteur de la satiété dans l’hypothalamus
MC4R code le récepteur 4 de la mélanocortine, le point terminal central de la régulation de la satiété. Les variants fréquents situés à proximité du gène sont très répandus et ont de faibles effets sur l’IMC, comparables à ceux de FTO. Les mutations rares modifiant la fonction du gène lui-même constituent la cause connue la plus fréquente d’obésité monogénique, avec une faim intense dès la petite enfance.
LEP et LEPR : la leptine et son récepteur
LEP est le gène de la leptine, et LEPR celui de son récepteur. Un déficit complet en leptine est extrêmement rare, mais entraîne une faim insatiable dès la petite enfance — ces enfants répondent très bien à l’administration de leptine.
TAS2R38 : pourquoi certaines personnes perçoivent plus intensément l’amertume
TAS2R38 code un récepteur de l’amertume situé sur la langue : selon le variant, les substances amères sont perçues plus ou moins intensément, voire pas du tout — les aliments principalement concernés sont les choux de Bruxelles, le chou kale, la chicorée, la roquette et le brocoli. Cet effet est bien établi pour la perception du goût, mais les données sont faibles concernant son influence sur le poids corporel.
AMY1 : le variant lié à l’amidon qui fait débat
AMY1 est le gène de l’amylase salivaire, qui commence la digestion de l’amidon dans la bouche ; ce n’est pas le code génétique qui diffère ici, mais le nombre de copies. Une étude très citée de 2014 a associé un faible nombre de copies d’AMY1 à un risque plus élevé d’obésité ; des études de suivi de plus grande ampleur ne l’ont pas confirmé de manière constante. La question reste ouverte.
PPARG et APOA2 : métabolisme et qualité des graisses
PPARG régule la maturation des cellules adipeuses et la sensibilité à l’insuline. Le variant le plus connu (Pro12Ala) modifie légèrement le risque de diabète de type 2, mais n’a qu’un faible effet sur le poids — il s’agit plutôt d’un variant métabolique que d’un variant lié à l’appétit.
APOA2 est souvent associé aux graisses saturées : des études observationnelles ont constaté qu’un variant particulier associé à une consommation élevée de graisses saturées était lié à un IMC plus élevé. Les études d’intervention sur ce sujet font largement défaut.
Monogénique ou polygénique : quelles formes existe-t-il ?
Les différences de poids d’origine génétique se répartissent entre les formes monogéniques, où un seul gène est déterminant, et les formes polygéniques, où de nombreux effets mineurs se combinent.
Obésité monogénique : rare, mais manifeste
Il s’agit ici d’une mutation rare dans un seul gène du système de satiété — le plus souvent MC4R, plus rarement LEP, LEPR, POMC ou PCSK1. L’effet est important et se manifeste dès les premières années de vie.
Prédisposition polygénique : le cas général
Chez la grande majorité des personnes, la composante génétique est polygénique : des centaines à des milliers de variants apportent chacun une contribution infime, et seule leur somme produit une prédisposition perceptible.
Idée essentielle : Il n’existe pas de « gène de l’embonpoint » unique. Chez la plupart des gens, la prédisposition résulte de très nombreux effets modestes ; en revanche, les formes monogéniques rares à effet important doivent faire l’objet d’une évaluation médicale.
Quelle est la contribution de l’épigénétique ?
L’épigénétique décrit les marqueurs chimiques présents sur l’ADN et ses protéines d’empaquetage, qui déterminent l’intensité avec laquelle un gène est lu. La séquence des lettres reste inchangée : c’est le volume qui change, pas le texte.
Ces marqueurs réagissent à l’alimentation, à l’activité physique, au sommeil et au stress. L’épigénétique explique ainsi de manière plausible pourquoi une même prédisposition produit des effets différents selon les modes de vie.
En pratique, la prudence s’impose : les profils épigénétiques ne peuvent actuellement pas être traduits en recommandations alimentaires individuelles. Les offres de « régime épigénétique » ou d’« âge biologique » vont au-delà des connaissances établies.
Pourquoi « prédisposé génétiquement » ne signifie pas « immuable »
Une prédisposition génétique décrit une tendance, pas un destin : elle modifie la situation de départ, mais ne détermine pas où l’on arrive.
Selon Kilpeläinen et al. (PLoS Medicine, 2011), l’effet de la variante à risque de FTO sur l’IMC est environ 30 % plus faible chez les adultes physiquement actifs que chez les adultes inactifs ; le risque supplémentaire d’obésité par allèle à risque était inférieur de 27 % dans le groupe actif. La méta-analyse incluait 218 166 adultes issus de 45 études.
Un deuxième constat : les personnes porteuses d’une variante à risque du gène FTO perdent en moyenne autant de poids dans les programmes d’amaigrissement que les personnes qui ne la portent pas. La prédisposition rend plutôt le maintien du poids plus difficile que le changement d’habitudes.
Idée essentielle : Une prédisposition génétique modifie le point de départ, pas la destination. L’effet de la variante de poids la plus connue, FTO, est mesurablement plus faible chez les personnes physiquement actives – la prédisposition peut donc voir son effet modifié, même si elle demeure présente.
Le poids corporel n’est pas un trait de caractère : une personne qui doit fournir davantage d’efforts pour maintenir son poids n’est pas moins disciplinée, elle part simplement de conditions biologiques différentes.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie au quotidien ?
Si la composante génétique agit principalement par l’appétit, le levier le plus efficace est la satiété : il ne s’agit pas de vouloir manger moins, mais de manger de façon à atteindre la satiété plus sûrement. Ces cinq leviers agissent indépendamment du génotype :
Cinq leviers pour une sensation de satiété plus fiable
- ✓ Les protéines d’abord – une source de protéines à chaque repas principal rassasie plus longtemps que les glucides ou les lipides
- ✓ Augmenter les fibres alimentaires – les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et les fruits retardent la vidange gastrique
- ✓ Privilégier le volume à la densité énergétique – de grandes portions contenant peu de calories par gramme remplissent l’estomac
- ✓ Manger plus lentement – les signaux de satiété mettent environ 15 à 20 minutes à parvenir au cerveau
- ✓ Préserver son sommeil – le manque de sommeil fait évoluer la ghréline et la leptine vers un appétit accru
Protéines : le levier de satiété le plus puissant
Parmi les macronutriments, les protéines sont celles qui rassasient le plus : elles favorisent la libération de GLP-1 et leur digestion demande plus d’énergie que celle des glucides ou des lipides.
La Société allemande de nutrition (DGE) indique comme valeur de référence pour les adultes de 19 à 64 ans 0,8 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour, et 1,0 gramme à partir de 65 ans. Plus importante que la quantité totale, la répartition : une source de protéines à chaque repas principal plutôt que seulement le soir.
Fibres et volume : remplir l’estomac sans faire exploser le bilan énergétique
Les fibres ralentissent la vidange gastrique, retiennent l’eau et nourrissent les bactéries intestinales. La DGE recommande aux adultes au moins 30 grammes par jour — un objectif que beaucoup de personnes en Allemagne n’atteignent pas.
Le deuxième levier est la densité énergétique : l’estomac enregistre le volume, pas les calories. Un grand bol de soupe de lentilles et de légumes apporte moins d’énergie qu’une petite part de gâteau et rassasie plus longtemps.
Sommeil et stress : des facteurs de l’appétit sous-estimés
Le manque de sommeil modifie de manière mesurable les hormones de l’appétit : dans des études contrôlées, un sommeil plus court a entraîné une hausse de la ghréline et une baisse de la leptine — davantage de faim pour les mêmes besoins énergétiques, ainsi qu’une envie accrue d’aliments à forte densité énergétique.
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Mise en contexte : ce qu’un test ADN peut faire — et ce qu’il ne peut pas faire
Un test ADN vous indique quels variants analysés sont présents chez vous. Beaucoup trouvent cela rassurant : cela explique pourquoi certaines choses leur sont plus difficiles — sans leur faire de reproches.
Ses limites sont tout aussi claires :
Ce qu’un test ADN ne permet expressément pas de faire
- ✓ Il ne dit rien de votre poids actuel — les variants génétiques ne changent pas, contrairement à votre poids
- ✓ Il ne prédit pas la réussite de la perte de poids — l’effet des différents variants est trop faible pour cela
- ✓ Il ne remplace pas un bilan médical — la thyroïde, les médicaments et les formes génétiques rares relèvent de la médecin
- ✓ Il ne fournit aucun diagnostic — un test génétique de style de vie n’est pas une expertise en génétique humaine
L’étude DIETFITS : le principal revers des régimes fondés sur les gènes
Le profil génétique permet-il de prédire avec quel type d’alimentation une personne perdra davantage de poids ? L’étude la plus approfondie à ce jour répond par la négative.
Selon Gardner et al. (JAMA, 2018), les 609 adultes de l’étude DIETFITS ont perdu en moyenne 5,3 kilogrammes en douze mois avec une alimentation pauvre en graisses et 6,0 kilogrammes avec une alimentation pauvre en glucides — une différence statistiquement non significative. Un profil génétique défini au préalable ne permettait pas de prédire qui s’adapterait mieux à quel type d’alimentation (p = 0,20).
Dans l’ensemble, les résultats des études sont mitigés : certaines recherches font état d’avantages, mais des travaux plus vastes et méthodologiquement plus rigoureux, comme DIETFITS, n’en trouvent aucun. Les données disponibles ne suffisent pas à démontrer qu’une attribution fondée sur le génotype est plus efficace qu’un bon accompagnement nutritionnel général.
Message clé : l’étude DIETFITS (Gardner et al., JAMA 2018) n’a trouvé aucun avantage à attribuer un régime pauvre en lipides ou pauvre en glucides en fonction du génotype. Un test ADN est donc utile pour expliquer les mécanismes, pas pour prédire ta réussite dans la perte de poids.
Conclusion
Ton ADN influence surtout la faim et le poids par la régulation de l’appétit dans le cerveau : la leptine signale que les réserves énergétiques sont pleines, la ghréline la faim, le GLP-1 et l’insuline la satiété — l’hypothalamus intègre toutes ces informations. Les variants génétiques ajustent ce circuit de régulation, généralement de façon minime.
FTO est le facteur le mieux étayé : il agit sur l’appétit et la satiété, pas sur la dépense calorique, avec environ un à un kilo et demi par allèle à risque. MC4R, LEP et LEPR comptent surtout dans les formes rares à début précoce. TAS2R38, AMY1, PPARG et APOA2 sont moins parlants que ne le laissent entendre de nombreuses offres.
La conséquence pratique est simple : favoriser délibérément la satiété plutôt que d’attendre qu’elle survienne — et bouger régulièrement, car cela atténue précisément l’effet de FTO.
Et voici le message le plus important : une prédisposition génétique explique les efforts nécessaires, mais elle n’excuse rien et ne condamne personne.
Questions fréquentes (FAQ)
Comprendre vos prédispositions plutôt que deviner
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Sources
- Gardner, C. D. et al. (2018) : « Effet d’un régime pauvre en lipides comparé à un régime pauvre en glucides sur la perte de poids à 12 mois chez des adultes en surpoids et association avec le profil génotypique ou la sécrétion d’insuline : essai clinique randomisé DIETFITS » (JAMA). jamanetwork.com
- Frayling, T. M. et al. (2007) : « Un variant courant du gène FTO est associé à l’indice de masse corporelle et prédispose à l’obésité infantile et adulte » (Science). science.org
- Locke, A. E. et al. (2015) : « Les études génétiques de l’indice de masse corporelle apportent de nouvelles connaissances sur la biologie de l’obésité » (Nature, consortium GIANT). nature.com
- Kilpeläinen, T. O. et al. (2011) : « L’activité physique atténue l’influence des variants du FTO sur le risque d’obésité : une méta-analyse portant sur 218 166 adultes et 19 268 enfants » (PLoS Medicine). journals.plos.org
- Bouchard, C. (2021) : « Génétique de l’obésité : ce que nous avons appris au fil de plusieurs décennies de recherche » (Obesity). onlinelibrary.wiley.com
- Organisation mondiale de la Santé (OMS) : Fiche d’information « Obésité et surpoids ». who.int
- Société allemande de nutrition (DGE) : Valeurs de référence pour les apports en nutriments. dge.de
- IQWiG / gesundheitsinformation.de : « Surpoids important (obésité) ». gesundheitsinformation.de
DIETFITS et l’absence de pouvoir prédictif des profils génétiques : [1]. Données sur le FTO : [2]. Loci génétiques du BMI et leur pouvoir explicatif : [3]. Atténuation de l’effet du FTO par l’activité physique : [4]. Héritabilité du BMI : [5]. Données de prévalence : [6]. Valeurs de référence pour les protéines et les fibres : [7]. Évaluation médicale : [8]. Les tailles d’effet sont des moyennes issues d’études de population et non des prédictions individuelles. Les informations sur les produits proviennent des pages produits de mybody® et peuvent être modifiées.
Équipe éditoriale et scientifique mybody®
Cet article a été rédigé par l’équipe éditoriale et scientifique de mybody®, qui réunit des compétences en nutrigénétique, en sciences de la nutrition, en recherche sur le métabolisme et en diagnostic de laboratoire. Pour en savoir plus sur notre équipe, consultez notre page éditoriale et des auteurs.
Publié le 27 juillet 2026 · Dernière mise à jour le 27 juillet 2026
Avis médical : Cet article est fourni à titre d’information générale et ne remplace pas un avis médical, un diagnostic ou un traitement. Les résultats génétiques sont des estimations de probabilité et non des diagnostics. En cas de variation de poids involontaire, d’obésité très précoce et prononcée ou de symptômes associés, veuillez consulter un médecin.





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